Sécurité alimentaire en Méditerranée
Les céréales (et le blé particulièrement) sont depuis l’Antiquité des produits agricoles stratégiques de la sécurité alimentaire et des échanges agro-commerciaux dans le Bassin méditerranéen. La culture du blé tendre et du blé dur y occupe une place importante, la région assurant respectivement 10% et 45% de la production mondiale de ces céréales. Pour des raisons historiques et culturelles, les pays MED-Amin sont parmi les plus gros consommateurs de blé au monde et les céréales couvrent une large part des apports énergétiques et protéiques en Afrique du nord.
Face aux dynamiques démographiques, géographiques et socio-économiques, ayant entraîné un accroissement continu des besoins alimentaires, la plupart des États méditerranéens ne couvrent qu’une part limitée de leurs besoins et sont devenus des importateurs nets de céréales. Ainsi, si les pays membres de MED-Amin ne représentent qu’environ 6% de la population mondiale, ils cumulent environ un quart des importations mondiales de blé tendre, 21% de celles de maïs et 22% de celles l’orge, en faisant l’une des régions au monde les plus dépendante aux importations céréalières, et donc aux marchés mondiaux pour assurer leur sécurité alimentaire. Or cette dépendance devrait s’accroître sous les effets combinés de la croissance démographique, de l’urbanisation et du changement climatique.
L’évolution du prix de ces denrées, le commerce et la sécurité des approvisionnements sont donc des préoccupations majeures pour les pouvoirs publics, mais aussi pour les populations, très sensibles à toute hausse du prix des céréales.
La question des marchés céréaliers
Les crises alimentaires mondiales de 2007-2008 et de 2010, marquées par une hausse exceptionnelle des prix internationaux des denrées alimentaires de base, ont révélé à l’échelle mondiale la nécessité pour les États de disposer d’une vision plus claire des marchés des commodités alimentaires. Face à ce constat le G20 a annoncé en 2011 la création d’un Système d’Information sur les Marchés Agricoles (AMIS) afin d’accroître la transparence des marchés internationaux des denrées agricoles de manière à limiter la volatilité excessive des prix alimentaires et encourager la coordination des politiques nationales relatives aux marchés. Le travail d’AMIS s’est mis en place sur quatre commodités (blé, maïs, riz, soja) avec 28 pays partenaires (les membres du G20, l’Espagne et les 7 principaux importateurs et exportateurs des produits ciblés) et des observateurs.
Coordonné par le CIHEAM, et plus spécifiquement par son Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier (CIHEAM Montpellier), le réseau MED-Amin se place dans le sillon ouvert par AMIS en précisant son champ d’action autour des pays euro-méditerranéens membres du CIHEAM.